Le noir est une couleur à double connotation : positive et négative.
Le noir, évoque spontanément le sombre, la mort, le deuil.
Le noir du deuil nous provient d’un double héritage.
Le christianisme requérait une couleur sombre pour le deuil le violet ou bleu foncé), si on considérait l’idée que le défunt redevient cendres en retournant à la terre.
Le noir c’est donc aussi, le mois de novembre, celui ou la lumière diminue, on l’on célèbre Toussaint, Halloween ou Shamain suivant les traditions.
Quel contraste avec l’Asie, où, considérant que le défunt se transforme en un corps de lumière, la couleur du deuil est le blanc !
Le noir des ténèbres, c’est celui de la Bible, où il est la couleur des épreuves, des morts, du péché, de l’enfer et du monde souterrain.
On retrouve ainsi le noir de ce qui est occulte et caché dans les expressions “marché noir”, “travail au noir”, “matière noire”, “avoir des idées noires”, “broyer du noir” : c’est le noir du désespoir, de la tristesse, de la mélancolie et du pessimisme.
Un “roman noir”, une “série noire”, un “film noir” : voilà le côté dramatique et tragique du noir.
Pourtant, dans l’Egypte antique, le noir avait un symbolisme positif : le verbe “kem” (issu du mot “noir”), signifiait “mener à bien, s’élever à, accomplir, payer, compléter, servir à” et le mot “kem” voulait dire “complet, parfait, obligation, devoir”.
Du noir austère au noir chic…
Car oui, le noir c’est aussi l’élégance, le chic, le raffinement, la sobriété, le luxe :
Le caviar, la smocking…et même la petite robe noire…
Le noir, c’est l’absence de lumière…
Et en même temps c’est dans le ciel le plus noir que l’on distingue le mieux les étoiles!
En Feng Shui, le noir est une couleur puissante synonyme de respect.
Il représente aussi l’argent et le pouvoir.
Si pour les physiciens, le noir est une non couleur, en peinture en revanche, il fait partie du champ chromatique au même titre que toutes les autres tonalités.
Le noir est l’un des premiers pigments utilisés et préparés par l’homme à partir de bois carbonisé.
Les Aztèques déjà utilisaient le noir de Campêche, un pigment naturel importé ensuite par les Espagnols. Au Moyen-Âge, en Europe, c’était le bitume de Judée que l’on employait.
Dans les textes des grands mystiques, l’expérience de la nuit précède la clarté éblouissante de la vérité.
La fascination des artistes pour le noir est un fil rouge dans l’histoire de l’art, puisque cette couleur a obsédé un grand nombre d’artistes phares.
Une histoire du noir qui va du deuil à l’élégance pour Michel Pastoureau:
Ténèbres, enfer, corbeau, encre, sable, deuil, élégance, modernité.
Des origines à nos jours, une histoire de la couleur noire racontée par l’historien Michel Pastoureau.

Du noir des moines et des pirates au noir des peintres et des couturiers, Michel Pastoureau retrace la destinée européenne et la symbolique ambivalente de cette couleur pas comme les autres. Avec clarté et précision, il s’attache à cerner sa place dans les faits de langue, les pratiques sociales (teintures, vêtements, vie quotidienne), la création artistique et le monde des symboles.
Couleur à part entière jusqu’à ce que l’invention de l’imprimerie puis les découvertes de Newton lui donnent un statut particulier, au point de devenir une non-couleur, le noir dévoile ici une histoire culturelle extrêmement riche, depuis les mythologies des origines jusqu’à son triomphe, dans tous les domaines, au XXe siècle.
Couleur des ténèbres, de la mort et de l’enfer, le noir n’a pas toujours été une couleur négative. Au fil de sa longue histoire, il a aussi été associé à la fertilité, à la tempérance, à la dignité, à l’autorité. Et depuis quelques décennies, il incarne surtout l’élégance et la modernité. Du noir des moines et des pirates au noir des peintres et des couturiers, Michel Pastoureau retrace la destinée européenne et la symbolique ambivalente de cette couleur pas comme les autres.
Avec clarté et précision, il s’attache à cerner sa place dans les faits de langue, les pratiques sociales (teintures, vêtements, vie quotidienne), la création artistique et le monde des symboles. Couleur à part entière jusqu’à ce que l’invention de l’imprimerie puis les découvertes de Newton lui donnent un statut particulier, au point de devenir une non-couleur, le noir dévoile ici une histoire culturelle extrêmement riche, depuis les mythologies des origines jusqu’à son triomphe, dans tous les domaines, au XXe siècle.
Quelques artistes ont fait du noir, une couleur de prédilection:
Pierre Soulages, ou le noir sous toutes ses formes:
Ce grand maître, né en 1919, est reconnu comme l’une des figures majeures de l’abstraction et l’un des plus grands peintres français vivants.
L’œuvre de Soulages décline le noir sous toutes ses nuances et tous ses usages.
Pour lui, le noir n’existe jamais dans l’absolu. Peindre avec le noir, c’est peindre une relation celle du noir avec la lumière!

L’un de ses concepts les plus reconnus est l’Outrenoir, amorcé en 1979, c’est à ce moment qu’il commence à recouvrir entièrement la surface de ses toiles d’une épaisse couche de peinture noire.
Paradoxalement, c’est la lumière qui est en jeu dans les tableaux noirs de Soulages.
La lumière réfléchit sur la surface de ses peintures, et miroite sur leurs sillons, reliefs et à plats.
Le mélange optique entre la luminosité des reflets et le noir fait apparaître une palette de noire extrêmement diversifiée. « Là, c’est la lumière qui émane du noir lui-même, et qui vibre, se module sous les yeux de celui qui regarde, qui voit naître et disparaître des formes. » (Sources: Artsper magazine).
Mark Rothko,
Le noir est aussi la couleur choisie par Mark Rothko (1903-1970) pour ses célèbres black paintings.
Il a peint cette série avant son suicide tragique, autorisant ainsi l’établissement d’un lien direct entre le noir et 
Pour Rothko, le noir était une couleur positive.
Dans les années 60, une riche collectionneuse s’était rendue dans son atelier où l’artiste avait exposé ses œuvres. Elle n’y trouva que des tableaux sombres aux aplats noircis.
Décontenancée, elle fit la remarque suivante: « Pour être honnête, je cherchais quelque chose de rouge, de rose, un tableau plus joyeux ». Sur quoi Rothko rétorqua: « Rose, rouge, jaune, orange ? Ne sont-elles pas les couleurs de l’enfer ? ». (Extrait de Artsper magazine.)
Jackson Pollok, un artiste iconoclaste,
Ce qui l’a apporté au monde de l’art est inestimable, et il a influencé les artistes pendant des générations après sa mort.
ll est le père de l’expressionnisme abstrait, le créateur de la technique du « dripping » et le roi du « all-over ».
D’abord scrutées par les critiques, puis tenues en haute estime, les œuvres de Jackson Pollock ont sans aucun doute captivé le monde de l’art.
HENRI MATISSE:
Le maître incontesté de la couleur, a trouvé dans l’utilisation du noir un moyen d’expression concordant avec sa recherche constante de simplicité et de pureté, caractéristique de son œuvre.
Avec ee noir et ses multiples nuances, il trouvait toute la gamme nécessaire pour dépeindre un visage, un nu, des feuilles mortes.
Célèbre en tant que peintre et sculpteur, ce grand maître n’a pas une réputation de graveur ni de dessinateur. Pourtant, il a gravé près de 900 estampes et illustré plus de 90 livres !
Tout l’univers d’Henri Matisse apparaît sous nos yeux, noir sur blanc, blanc sur noir.
Célèbre en tant que peintre et sculpteur, ce grand maître n’a pas une réputation de graveur ni de dessinateur. Pourtant, il a gravé près de 900 estampes et illustré plus de 90 livres !
Tout l’univers d’Henri Matisse apparaît sous nos yeux, noir sur blanc, blanc sur noir.
Que dire du noir et de sa symbolique représenté dans la mythologie, telle que la déesse Lilith, ou encore Perséphone et Hécate…
Du YIN, partie noire du YIN et du Yang, le noir représente là l’aspect féminin, lunaire, la nuit, l’intériorité!
“La créativité, comme la vie humaine elle même, commence dans les ténèbres.”
Julia Cameron










